#Raceandcare

Au cœur des débats politiques actuels, les enjeux du bien-être animal sont au centre de l’attention. Le bien être des chevaux de course est un élément important de la politique des institutions à la tête de la filière course. Les outils de tracking sont plus que jamais nécessaires afin d’assurer un suivi médical efficace et optimal. Tout comme les athlètes humains, les chevaux de course sont soumis à un programme d’entraînement intense, repoussant les limites de leur physique. Si elle n’est pas suffisamment encadrée, cette préparation peut engendrer dans certaines situations l’apparition de pathologies. Il est ainsi nécessaire de trouver le point d’équilibre entre surentraînement et sous-entraînement afin d’allier performance et bien être équin.  

Les nouvelles technologies disponibles sur le marché constituent un nouvel outil de prévention. Analyser la fréquence cardiaque, évaluer la capacité de récupération ou encore la symétrie des allures sont des actions préventives qui permettent de détecter les signes avant-coureurs de pathologies graves. Instaurer un partenariat avec le vétérinaire de l’écurie permet donc d’assurer le suivi de la santé des chevaux au quotidien, sans nécessiter la présence du vétérinaire tous les jours à l’entraînement. L’équipe Arioneo s’est penchée sur les différentes pathologies rencontrées chez les chevaux de course à l’entraînement et comment les détecter.

Prévenir le surentraînement

 Le surentraînement est un état de fatigue chronique marqué par une diminution des performances. Il survient lorsque l’équilibre entre la fatigue induite par l’entraînement et la capacité récupératrice de l’entraînement est négativement perturbée. Il est essentiel de prévoir des phases de récupération dans le programme d’un cheval de course, notamment pour les jeunes chevaux qui débutent. Ces cycles permettent de rééquilibrer l’organisme et préservent la santé des chevaux.

Symptômes

On peut détecter le syndrome de surentraînement en surveillant l’apparition de plusieurs symptômes. La perte de poids sans perte d’appétit représente le premier symptôme à surveiller.  Elle survient généralement trois semaines avant la manifestation des autres symptômes et peut être difficile à détecter. Une baisse significative de la performance peut ensuite être observée. Le cheval n’est plus capable de tenir son effort aussi longtemps qu’avant. Enfin, le dernier symptôme concerne la modification du comportement des chevaux surentraînés. Bien que difficilement quantifiable et qualifiable, il est possible de remarquer une forte irritabilité, une réticence au travail ou encore des morsures au harnais. Ces modifications sont très diverses et restent propres à chaque cheval.

Prévention

Il est possible d’effectuer un travail de prévention afin d’éviter le développement du syndrome de surentraînement ou le risque d’accident. Deux paramètres sont à surveiller (en plus du poids) : la fréquence cardiaque et la récupération permettent de repérer si le cheval tient normalement son effort ou si au contraire, son comportement est anormal.

Contrôler les indicateurs de récupération afin de s’assurer qu’ils ne se détériorent pas d’un entraînement à l’autre est un exemple d’action à mettre en place afin de surveiller le niveau de forme du cheval et de prévenir le surentraînement et le sous entraînement. Si la récupération est mauvaise, des niveaux de fréquence cardiaque anormalement élevés (par rapport aux précédents) seront visibles. Il serait alors pertinent de faire intervenir le vétérinaire afin qu’il puisse analyser son électrocardiogramme.

Prévenir les fractures de fatigue

Une fracture de fatigue est définie comme une fracture incomplète, générée par une répétition de stress mécanique sur l’os du cheval. La charge exercée sur l’os est inférieure à la charge nécessaire pour produire une fracture entière. Cependant, cette charge est suffisante pour créer des microfissures dans la structure osseuse. Les jeunes chevaux de course sont souvent sujets à des fractures de fatigue car l’augmentation de l’intensité ou de la fréquence d’un entraînement peut être à l’origine de la fragilisation de l’os. Les fractures de fatigue peuvent apparaître à différents endroits. 

Symptômes

Le principal symptôme à monitorer est l’apparition d’une boiterie suivant une baisse de la performance. Elle peut disparaître avec du repos et réapparaître après un entraînement intensif. Certains chevaux ne montrent aucun signe de douleur avant d’en arriver à une fracture. D’autres symptômes peuvent alerter et permettre de traiter le problème en amont :

  • Partie basse de l’antérieur douloureuse
  • Bosse chaude sur le canon
  • Cheval qui priorise une jambe pour se déplacer
  • Boiterie
  • Diminution des performances habituelles

Prévention

Le monitoring régulier d’un cheval permet d’acquérir un historique de data intéressant et d’obtenir des données de référence pour chaque cheval : ses fréquences cardiaques habituelles, ses niveaux de récupération, son profil locomoteur. Une augmentation anormale de la fréquence cardiaque peut par exemple indiquer une douleur ou une capacité de récupération inhabituellement mauvaise. De plus, l’analyse des données de locomotion (cadence et amplitude) est un point de départ dans la détection des fractures de fatigue. Par exemple, l’observation d’une irrégularité dans les données peut être un signe annonceur de boiterie.

Détecter des problèmes respiratoires

L’appareil respiratoire des chevaux est constamment soumis à des pressions environnementales élevées (poussière et humidité par exemple). peuvent engendrer des inflammations des voies respiratoires. Les causes des maladies respiratoires sont multiples : infectieuse, allergique, irritantes, anatomique, hémorragie pulmonaire… etc.

Symptômes

Un cheval souffrant de maladie respiratoire peut présenter un ou plusieurs des symptômes présents dans la liste suivante :
– Toux
– Écoulement nasal
– Effort respiratoire accru au repos
– Respiration anormale pendant l’activité
– Récupération lente après l’effort
– Diminution de la performance
– Sang au niveau des narines après l’effort

Prévention

Il est possible de prévenir le développement de ce type de problème respiratoire ou bien de les détecter en amont grâce au monitoring de la fréquence cardiaque à l’effort. Voici un exemple d’entraînement monitoré par EQUIMETRE.

On remarque que ce cheval atteint sa fréquence cardiaque maximale dès son départ au galop. Ceci représente une situation anormale d’autant plus qu’il n’est pas lancé à vitesse maximale. En analysant cet entraînement, l’entraîneur devrait demander à consulter son vétérinaire afin d’investiguer le problème.

pathologies respiratoires détectables via EQUIMETRE

Détecter les arythmies

Les arythmies cardiaques sont des perturbations du rythme du cœur du cheval. Elles peuvent être anormales ou normales. Elles sont assez fréquentes chez les chevaux très athlétiques et peuvent devenir problématiques quand elles compromettent la circulation sanguine et perturbent l’apport en oxygène (par le sang) aux muscles. Ces pathologies cardiaques sont particulièrement dangereuses car elles peuvent perturber la distribution du sang dans le réseau vasculaire. Si l’apport en oxygène est subitement réduit au niveau du cerveau, le cheval peut par exemple faire une syncope. Si l’apport est perturbé au niveau des muscles au moment où le cheval est en plein effort, il va ralentir dans son travail et potentiellement être contre performant.

Symptômes

Une mauvaise récupération lors d’un effort peu intense est souvent considérée comme un signe avant-coureur d’arythmie anormale.

Détection

Il existe plusieurs manières de détecter les arythmies. On peut par exemple prendre le pouls du cheval ou utiliser un stéthoscope pour ausculter le cœur, mais cela implique que le cheval soit au repos. Il est également possible d’enregistrer un électrocardiogramme (ECG) et d’analyser ainsi l’activité électrique du cœur lors d’un exercice. Ce suivi d’ECG au cours d’une activité est particulièrement intéressant pour les chevaux de course.

Exemple concret – ECGs collectés avec l’outil EQUIMETRE

Exemple de fibrillation atriale

Ce cheval souffre de fibrillation atriale

 

ECG d'un cheval sain

Ce cheval ne présente aucune pathologie visible sur l’ECG

 

Prévenir la mort subite

La mort subite chez le cheval se définit comme la mort naturelle d’un individu dont le délai entre l’apparition des premiers symptômes alarmants et la mort est inférieur à 48h. La particularité d’un tel décès est que le cheval paraissait à priori en bonne santé. Ce phénomène concerne 13% des chevaux de courses décédés sur le champ de course en Australie. Un bon monitoring des chevaux peut permettre d’éviter de tel catastrophes grâce aux données collectées. En effet, le suivi des paramètres cardiaques est un outil dans la prévention du développement de pathologies cardiaques graves. Une mauvaise récupération peut alors être analysée par le vétérinaire à distance grâce aux données collectées.

Les causes de la mort subite 

Il existe trois grandes familles de causes de la mort subite : les défaillances cardio-respiratoires, les chocs hémorragiques et les lésions du système nerveux central.

Prévenir les symptômes et préserver la santé du cheval athlète

En juillet dernier, l’équipe Arioneo a eu la chance d’interviewer Emmanuelle van Erck sur le sujet et voici ses conseils en matière de prévention et maîtrise des risques.

Un cheval qui présente une arythmie cardiaque (une cause de mort subite) ne les développe généralement pas du jour au lendemain sans signes avant-coureurs. Ainsi, si on peut équiper ce cheval d’un EQUIMETRE à l’entraînement, on va pouvoir déceler ces signes. Des troubles du rythme pourront être mis en évidence sur son ECG, le cas échéant. Ceux-ci peuvent avoir comme conséquence la mort du cheval en course. Heureusement, ils peuvent être décelés grâce aux signaux annonciateurs visibles lors d’un entraînement intense enregistrés avec le capteur. Cela permet d’éviter de faire courir un cheval qui n’a pas la capacité de tenir la course, et risque de s’effondrer à la fin de celle-ci. L’idéal serait de sensibiliser les entraîneurs à l’importance de déceler les pathologies le plus tôt possible afin de ne pas faire courir un cheval potentiellement en danger.

Emmanuelle van Erck

Vétérinaire spécialisée en médecine interne sportive, ESMP

En pratique au quotidien comment prévenir les blessures ?

Télémédecine vétérinaire

La télémédecine vétérinaire est une forme de pratique à distance basée sur l’utilisation des nouvelles technologies. Le recours à la télémédecine est bénéfique pour le suivi d’une écurie de chevaux de course. En effet, il est possible d’utiliser un capteur tel qu’EQUIMETRE afin d’effectuer un travail de prévention. Les données d’entraînement collectées peuvent être accessible à distance pour le vétérinaire. Ce dernier est alors à même de surveiller les chevaux à l’entraînement depuis son cabinet et d’investiguer plus en profondeur certains cas suspects. Il peut donc prioriser ses consultations. Ce travail de télémédecine permet également de détecter des pathologies à distance grâce à la consultation d’ECGs à l’effort enregistrés à distance par le capteur.

Effectuer un travail de prévention avec le capteur EQUIMETRE

En règle générale, les paramètres à monitorer en priorité sont : la fréquence cardiaque, la récupération et les données locomotrices.

La fréquence cardiaque – Paramètre mesurant le fitness du cheval, c’est également un indicateur de détection de la douleur. Acquérir un historique de données à comparer permet de déceler une fréquence cardiaque anormalement élevée afin de détecter un éventuel problème cardiaque ou une douleur pouvant annoncer une fracture.

La récupération – En analysant l’évolution de la fréquence cardiaque, vous pouvez voir comment le cheval a travaillé et récupéré. Le niveau de récupération du cheval est quantifié et peut donc être comparé avec d’autres entraînements. Une mauvaise récupération peut alerter sur d’éventuelles pathologies subcliniques.

Les paramètres locomoteurs – Il est possible de détecter une boiterie grâce à l’analyse de l’indicateur de symétrie : un cheval qui souffre aura tendance à modifier ses foulées et sa locomotion afin de soulager le membre douloureux. En agissant ainsi, le cheval n’est plus symétrique. Une augmentation de la cadence peut également être synonyme de douleur. En effet, si un membre est douloureux, le cheval ne mettra pas toute la puissance nécessaire à la tenue d’une bonne amplitude, et il devra donc faire des foulées plus fréquentes pour tenir la vitesse demandée.