Home 9 Data & sport 9 Pourquoi quantifier l’entraînement du cheval de course ?

À l’hippodrome, le cheval favori ne gagne que 30% du temps. Selon nous, cette statistique est le symbole de la forte incertitude qui règne autour du milieu des courses hippiques. Cependant, pour une activité qui emploie des milliers de travailleurs et génère des revenus importants, cette incertitude représente un risque. Les courses offrent une part trop importante à l’aléatoire, et un vrai travail en amont peut être fait pour réduire cette dernière. Quantifier l’entraînement des chevaux de course permet de gagner un avantage compétitif indéniable. L’utilisation de nouvelles technologies révolutionnaires offre la possibilité de collecter une infinité de données. Une fois analysées, l’incertitude est réduite. 

Pourquoi quantifier l’entraînement d’un cheval de course?

Dans un milieu aussi compétitif que les courses hippiques, les entraîneurs redoublent d’ingéniosité pour maximiser leurs chances de victoire à l’hippodrome.  

L’objectif de l’entraîneur d’athlètes de haut niveau est de […] s’assurer qu’une performance maximale soit réalisée lors des compétitions majeures. Le but sera donc de fournir des programmes d’entraînement qui permettent une augmentation efficace de la performance.” (Meeusen et al., MSSE 2013)

Pour qu’un cheval arrive en forme et performe le jour de la course, il doit avoir suivi un entraînement sur mesure et adapté à ses besoins. La quantification de l’entraînement, c’est-à-dire, la récolte de données clés sur l’entraînement d’un cheval est essentielle pour son suivi. En effet, cette quantification permet d’analyser les sessions, en vue d’améliorer la performance au long de la saison. Cela permet aussi d’évaluer la charge de travail – le volume et l’intensité des entraînements d’un cheval sur une période donnée -. Une période de charge de travail élevée permet au cheval de développer ses capacités, mais elle doit être ponctuée de moments de récupération avec une charge de travail réduite. Cet équilibre, souvent fragile, permet de prévenir les blessures et le surentraînement tout en maximisant et en optimisant la progression. Le tableau suivant montre les différentes zones de charge de travail où le cheval risque de se blesser et où il progresse activement. Idéalement, vos chevaux de courses devraient se trouver dans la zone verte le plus souvent possible.

entraînement du cheval de course

Un suivi longitudinal de l’entraînement, objectivé par la collecte de données, permet donc d’optimiser les performances d’un cheval de course. Les données et leur quantification permettent notamment une meilleure compréhension et écoute de l’athlète. Ainsi, les périodes à charge de travail élevée maximisent la progression, sans prendre de risque grâce aux temps de récupération.

Ce suivi par la quantification permet donc d’arriver le jour J au pic de performance du cheval athlète, sans avoir mis en danger son bien être ni sa santé. Ainsi, la quantification diminue l’incertitude quant aux performances d’un cheval en course, en optimisant son entraînement et sa préparation. De plus, la quantification permet d’anticiper de potentielles pertes de forme et de relever les bons états de fitness. 

Comment quantifier l’entraînement d’un cheval de course?

La quantification de l’entraînement, (et tous les avantages qui en découlent), n’est  cependant pas un mécanisme naturel. En effet, afin de la mener à bien il faut être équipé d’un capteur permettant de récolter des données clés comme la fréquence cardiaque, la vitesse ou encore la locomotion d’un cheval de course. Cette collecte permet de mettre en évidence les forces et faiblesses d’un cheval ainsi que sa charge de travail actuelle. Grâce à ces mesures, l’entraîneur est donc en capacité de prendre la décision maximisant la progression du cheval en vue de ses objectifs, tout en respectant ses limites.

En pratique, la quantification de l’entraînement passe par la mise en place d’un processus entier. Chaque entraînement doit servir un objectif défini au préalable et être comparé aux performances passées ainsi qu’à celles espérées. De plus, la quantification nécessite de comprendre et savoir analyser des variables clés comme la fréquence ou vitesse maximale atteinte (FCMax et VMax) ou encore la vitesse à 200 battements par minute (V200). Ces variables sont de formidables outils de comparaison dans le temps et mettent en lumière le progrès, ou non, d’un cheval au cours de la saison. De plus, certaines valeurs uniformisées (telles que la V200 et la V4) permettent également de comparer plusieurs chevaux entre eux. Avec l’aide de ces mesures, l’entraîneur est capable de dire si un cheval est à son pic de performance ou non, et si son niveau de fitness est bon. Cette analyse est une aide précieuse au moment de faire les engagements en courses et peut éviter une déconvenue ou maximiser ses chances de victoire en course. 

Cas concret – Progression quantifiée grâce à la collecte de données objectives et comparables

En analysant les données d’Arion I (anonymisées pour cet article), nous pouvons voir que l’entraînement effectué entre les deux séances a été bénéfique. En effet, on remarque également une nette amélioration de la récupération de ce cheval après l’effort pour un entraînement identique.

entraînement du cheval de course
entraînement du cheval de course

Entraînement du 17/04/21
Vitesse = 61,5 km/h
FC après effort = 118 bpm

entraînement du cheval de course
entraînement du cheval de course

Entraînement du 22/04/21
Vitesse =61,5 km/h
FC après effort = 107 bpm

Quelles sont les limites de la quantification de l’entraînement du cheval de course ?

Si la quantification de l’entraînement n’est pas encore démocratisée dans le milieu des courses, c’est qu’elle présente des limites.

Tout d’abord, la mettre en place nécessite un investissement financier conséquent. Bien qu’il permette de générer un retour sur investissement certain, ce dernier est encore trop élevé pour de nombreuses écuries. Que ce soit par impossibilité ou par choix, cette barrière économique freine la démocratisation de la quantification de l’entraînement. Cependant, le temps joue en faveur de la donnée, et les années à venir mettront en lumière les résultats qu’elle permet d’atteindre. 

De plus, les données collectées sont de bons indicateurs, mais ils ne peuvent pas se suffire à eux même. En effet, le côté “humain”, et “animal” reste primordial et ne pourra jamais être entièrement substitué. La data est donc une aide et un point de vue objectif à prendre en compte. Elle a certes gagné en importance mais ne remplacera pas le feeling et l’œil avisé de l’entraîneur et des experts du milieu. Cependant, à terme, notre utilisation des données dans le monde hippique gagnera en importance. 

Ainsi, les limites majeures contraignant le développement de la quantification de l’entraînement sont en passe d’être levées. Progressivement, ces limites seront mineures et la data fera partie intégrante du monde des courses hippiques.

Conclusion

En somme, il existe une réelle nécessité poussant à la collecte de données afin de quantifier l’entraînement. Les atouts apportés par cette nouvelle pratique sont déterminants dans le développement des chevaux de courses de nos jours. Évidemment, le mouvement est bien théorisé, et sa mise en pratique a déjà porté ses fruits. Cependant, sa mise en place demeure un réel investissement tant financier que organisationnel.

Au vue du rôle de la data dans d’autres sports professionnels (comme le rugby) son avènement dans le milieu équestre ne fait aucun doute. Pionnier dans ce domaine, Arioneo facilite la récolte de données cardiaques, de vitesses et de locomotion du cheval de course. Notre capteur connecté pour chevaux est un outil déjà prisé par de grands entraîneurs dans leur quête de victoire à l’hippodrome et pour le bien-être de leurs cracks. L’évolution technologique de la filière équine est d’ores et déjà en marche !

Mots-clés : suivi du cheval de course, quantifier l’entraînement du cheval de course, fréquence cardiaque cheval de course, performance cheval de course, capteur cheval de course, technologie équine