INTRODUCTION À L’ANALYSE DE LA PERFORMANCE CHEZ LE CHEVAL ATHLÈTE

Dès l’antiquité, les premiers travaux écrits sur l’équitation et la performance du cheval font leur apparition dans la Notice Sur Le Traité De L’équitation publié par Xénophon vers 350. Bien plus tard, c’est Etienne-Jules Marey qui fut précurseur dans l’étude de l’allure du cheval publié dans La Machine animale en 1873. Il a notamment été le premier à affirmer que lors du galop les 4 sabots n’étaient plus en contact avec le sol durant un court instant. Ces travaux furent validés par chronophotographie et publiés en 1898 dans la revue Nature.

Figure 1 : Le cheval en mouvement par Eadweard Muybridge (1878).

A partir de 1970, la physiologie de l’exercice chez le cheval a suscité un intérêt croissant. Le graphique (figure 2) présente le nombre de publications recensées sur la base de données PubMed® avec les mots clefs “exercice and horse” (trait gris continu) ou “performance and horse” (trait noir discontinu) de 1970 à 2015. On constate que ces dernières années le nombre d’études sur les effets de l’exercice tend à rester constant voire à diminuer, alors que l’analyse de la performance suscite un intérêt croissant. Cela souligne une évolution des mœurs dans la recherche équine. De nombreuses études se sont penchées sur les paramètres physiologiques influencés par l’exercice. Dorénavant, l’analyse se tourne davantage vers une optimisation de ces paramètres afin d’augmenter les performances du cheval athlète en compétition, tout en préservant l’intégrité du système musculo-squelettique.

Figure 2 : Nombre de publication entre 1970 et 2015 sur la base de données Pubmed
avec les mots clefs exercice AND horse (trait gris continu) ou performance AND horse (trait noir discontinu).

Les travaux menés ces dernières décennies ont permis d’améliorer la qualité des entrainements en spécifiant les exercices qui optimisent la condition physique du cheval athlète. Dans les années 80-90, la vitesse moyenne d’un vainqueur d’une course de 160 km était d’environ 15 km/h. Cette vitesse a augmenté à 17km/h au début des années 2000 pour atteindre ces dernières années 23-25 km/h. Plusieurs paramètres physiologiques ont montré avoir un impact direct sur la performance. Par exemple, l’analyse de la fréquence cardiaque à l’effort permet de caractériser l’état de forme du cheval. La vitesse atteinte à 200 battements par minute (V200) est l’un des paramètres les plus étudiés dans la littérature car c’est un excellent prédicteur de performance. Par ailleurs, il est aussi montré que la récupération cardiaque est d’autant plus rapide que le système cardio-pulmonaire est bien adapté à l’exercice physique demandé. Les études de la foulée par accéléromètrie ont mis en évidence des corrélations entre la vitesse maximale ou la longueur de la foulée avec l’index de performances. L’évaluation d’indices de symétrie et de régularité de la foulée au pas ou au trot permet une détection précoce de la boiterie.

Malgré l’existence d’outils pour le suivi quotidien du cheval athlète, l’entrainement reste avant tout basé sur les savoirs et savoir-faire des entraineurs. Au quotidien, la science n’a pas encore fait d’incursion franche dans les centres d’entrainement. Les outils de monitorage ne sont pas aussi répandus que dans les centres d’entrainement dédiés au sportif humain. Par exemple, de nombreuses recherches se sont attachées à développer des outils objectifs pour l’évaluation et la caractérisation des boiteries mais la majeure partie des vétérinaires utilise encore l’observation subjective pour quantifier les degrés d’atteinte. Cela est principalement dû à la complexité de la mise en place des outils de mesure et à leur disparité. En outre, les outils d’analyse ne sont bien souvent pas adaptés aux besoins de leurs utilisateurs.

Avec le développement des technologies et la miniaturisation de l’électronique, les outils de mesure embarqués tendent à se démocratiser. En effet, les humains ont été les premiers à en bénéficier avec l’ensemble des appareils connectés. Aujourd’hui, ces technologies sont en transfert au monde équin. L’EQUIMETRE s’inscrit dans ce mouvement et répond aux besoins de tout entraineur, professionnel ou amateur, en proposant un outil fiable et complet d’évaluation des paramètres physiologiques et permettant un suivi longitudinal des performances.

Guillaume Dubois

PhD, directeur scientifique ARIONEO