La mesure de la performance n’est pas un phénomène nouveau dans le domaine du sport. Bien avant l’arrivée des solutions et plateformes connectées, les scientifiques ont longtemps encouragé les sportifs à noter les données telles que la durée, le degré de fatigue, le jour et l’heure de leurs entraînements dans un carnet afin de pouvoir mesurer leur évolution grâce à l’emploi de données tangibles et non de souvenirs. Cette mesure est d’autant plus importante pour les athlètes équins puisque seuls l’entraîneur et le cavalier sont à même d’évaluer un entraînement sur la base de leur ressenti et de leur « feeling ». Renforcer cette expertise humaine grâce à la collecte de données optimise la performance et assure un suivi régulier de la progression de chaque cheval. L’historique des données collectées est au service du management de la performance et de la santé des chevaux athlètes.

EQUIMETRE ANALYTICS PREMIUM – ALLER PLUS LOIN DANS L’ANALYSE DES DONNÉES

 EQUIMETRE ANAYTICS PREMIUM offre la possibilité de réaliser une analyse plus fine et plus poussée des données collectées. L’objectif est de pouvoir effectuer des comparaisons entre les chevaux de l’écurie mais également entre les différents entraînements d’un même cheval. Les multiples fonctionnalités de filtre facilitent l’analyse : choisissez la plage de date, les chevaux, les indicateurs à suivre, le type d’entraînement etc. Se doter d’un service d’analyse tel qu’EQUIMETRE Analytics Premium assure un suivi complet de la mesure de la performance au sein d’une écurie. Cet outil affiche la progression de chaque cheval tout en facilitant l’identification des éléments à travailler.

1. Détecter les futurs performeurs et cracks de l’écurie

Entraîner le crack futur gagnant de courses de Groupe, tel est l’espoir que nourrissent entraîneurs et propriétaires pour chaque cheval de course de 2 ans lors de son arrivée à l’entraînement. Une fois entraînés et en bonne condition physique, ces jeunes chevaux sont prêts à réaliser des travaux conséquents. Un test standardisé permet alors de mesurer leurs aptitudes physiologiques et leurs aptitudes de vitesse. Les données collectées lors de ce test ont un double intérêt : (i) détecter les futurs performeurs qui se démarquent dès leurs 2 ans par des capacités hors normes, (ii) acquérir des données de référence qui serviront par la suite d’étalon pour évaluer la progression du cheval et l’efficacité de l’entraînement. Cette mesure précoce de la performance est un outil utile pour gagner du temps et évaluer le potentiel de la carrière du cheval. On compare ensuite les données collectées lors de l’exercice standardisé à celle d’un cheval de groupe lorsqu’il avait 2 ans afin d’établir des comparaisons et dresser des conclusions sur le cheval en question.

2. Comparer les chevaux et individualiser l’entraînement

Dans un monde idéal, l’entraînement devrait être sur-mesure afin d’exploiter au maximum le potentiel de chaque jeune cheval de course. Cependant, dans les faits, impossible pour l’entraîneur d’entraîner individuellement les chevaux qui lui sont confiés. Effectuer des comparaisons conduit à une meilleure connaissance du niveau et des besoins de chacun. L’entraîneur est alors à même de regrouper les chevaux selon leur niveau ou leur type de distance et peut ainsi adapter l’entraînement. Bénéficier d’un service d’analyse de données permet de mesurer la performance des chevaux et de les comparer facilement et rapidement. Gardons à l’esprit que seules des comparaisons d’entraînements similaires permettent de tirer des conclusions. Ainsi, les fonctionnalités de filtre des outils de service d’analyse jouent un rôle important.

Les bénéfices de l’individualisation de l’entraînement sont nombreux. On évite par là le risque de surentraînement et de sous-entraînement. En entraînant les chevaux par niveau, le risque de blessure, notamment de fracture de fatigue, est minimisé. L’entraîneur est à même de doser l’augmentation de la charge de travail en fonction de chaque cheval.

Par exemple, si l’on souhaite évaluer le premier travail important des deux ans de l’écurie, on sélectionne le type de travail (ici canter, gallop et hard gallop) et les chevaux que l’on souhaite comparer. En regardant le tableau, on remarque que certains des chevaux récupèrent déjà très bien, tandis que d’autre ont besoin d’améliorer leur condition physique.

3. Évaluer le potentiel de vos chevaux à travers le suivi longitudinal

La carrière d’un cheval de course est connue pour être courte et intense. Évaluer le potentiel à l’aide du suivi longitudinal affine les choix stratégiques que l’entraîneur doit prendre au cours de la carrière du cheval. Les données analysées grâce à un service tel qu’EAP aident à définir des objectifs appropriés au potentiel de chacun.

Grâce à l’acquisition de données de référence, la progression d’un cheval s’affiche à toute phase de son entraînement. Cette phase prédéfinie est marquée par un exercice standardisé réalisé au début et à la fin. Elle met en évidence la progression du cheval et permet vérifier si l’entraînement programmé est adapté et efficace. Les données, issues d’un exercice standard, sont alors comparables et pertinentes.

Prenons l’exemple ARION I. En utilisant la fonction de filtre par cheval, il affiche uniquement les entraînements de ce dernier. On peut alors remarquer que ce cheval a progressé entre le 04/06/20 et le 15/07. En effet, sa récupération rapide et après 15 minutes se sont améliorées pour un travail atteignant environ 59 km/h.

optimiser la performance des chevaux grâce au suivi longitudinal

4. Optimiser les chances de succès & préparer une grosse échéance

Ce n’est pas une coïncidence si la plupart des sports ont adopté les solutions connectées et outils d’analyse de données. L’optimisation de la performance passe notamment par l’analyse des nombreuses données collectées. Ces données tangibles constituent un historique et assurent une prise de décisions rationnelles. Elles complètent l’instinct et l’expertise des sportifs. Amener un cheval à son potentiel maximal avant une course est l’un des objectifs ultimes de l’entraînement avec cardiofréquencemètre. Les données collectées et analysées par EAP offrent une connaissance inédite des aptitudes de chaque cheval, des préférences et des chances de réussites. Cette connaissance appuie les décisions stratégiques de l’entraîneur : le cheval est-il plus à l’aise sur le gazon ou le dirt ? Sur terrain collant ou terrain souple ? Quand faut-il démarrer le sprint final ? Les tableaux d’analyses aident à répondre à ces nombreuses questions à l’aide de données objectives.

De plus, en monitorant un cheval avant une course, on acquiert des données de référence : si la course se passe bien et que le cheval gagne, les données collectées lors du dernier entraînement serviront de référence à atteindre avant la prochaine grosse échéance. À l’inverse, si la course s’est mal passée, les données collectées seront un objectif à dépasser afin d’assurer un meilleur résultat lors de la prochaine course.

5. Détecter le profil locomoteur de chaque cheval

Vos chevaux sont-ils plutôt des sprinters ? Des milers ? Ou des stayers ? Le suivi longitudinal des données collectées réalisé à partir d’EAP met en évidence le profil locomoteur de vos chevaux de course. Cet indicateur est très précieux puisqu’il confirme ce qui est vu à l’œil nu : la taille et la fréquence des foulées correspondent-elles réellement ce qui est observé à l’entraînement ?

Les données de cadence et d’amplitude constituent une aide à l’engagement pour le choix de la distance de course. Par exemple, les chevaux possédant une cadence très rapide seront plus performants sur de courtes distances car ils peuvent accélérer rapidement. Cependant, il ne faut pas oublier que le rythme respiratoire du cheval est calqué sur le rythme de ses foulées. Ainsi, une cadence rapide impose un cycle respiratoire court et n’est pas soutenable très longtemps. De ce fait, les chevaux considérés comme sprinters seront moins à l’aise sur des distances plus longues.

Dans l’exemple présenté, on peut penser que ce cheval possède un profil locomoteur dit « Stayer ». Ce profil est caractérisé par une grande amplitude et une faible cadence. On choisit ici de regarder les données locomotrices à vitesse fixe afin de comparer efficacement d’un entraînement à l’autre. Ce cheval sera probablement plus à l’aise sur des courses de moyennes et longues distances.

mesurer la performance grâce au service equimetre analytics premium

6. Détecter les signes avant-coureurs d’une pathologie

Les services d’analyse de données sont des atouts de taille dans la détection de signes avant-coureurs de pathologie. En effet, des tableaux tels que celui proposé par EAP assurent un suivi longitudinal des chevaux de courses. Ainsi, toutes les données des entraînements y sont centralisées. Repérer une valeur au-dessus de la normale aide à identifier une anomalie et de consulter son vétérinaire dans une démarche de prévention. Si l’investigation révèle une pathologie, le problème traité en amont peut s’avérer être moins grave qu’il n’aurait pu l’être. Les paramètres à surveiller sont notamment : le rythme cardiaque au premier galop et au premier trot (s’il est anormalement élevé, cela peut être synonyme de douleur), la récupération, la vitesse ou encore les paramètres de locomotion (amplitude, symétrie, régularité).

L’emploi d’EAP permet donc d’assurer un suivi régulier et de prévenir le risque de blessure.

Par exemple, les entraînements d’ARION I du 29/10 et 04/11 lors de son trot d’échauffement poussent à s’interroger sur des valeurs anormalement élevées. En analysant plus en détail les entraînements spécifiques, l’entraîneur peut décider s’il est nécessaire de consulter le vétérinaire dans un démarche de prévention.

détecter une pathologie chez le cheval de course er mesurer la performance

7. Assurer le suivi d’un cheval pendant un traitement

Hors d’une clinique, le vétérinaire ne peut suivre quotidiennement un cheval lors d’un traitement. Une fois le cheval diagnostiqué, le vétérinaire préconise un traitement et prévoit une visite de contrôle après une période définie. Collecter des données sur le cheval diagnostiqué durant la période de traitement permet de surveiller l’adaptation au traitement du cheval ainsi que son efficacité. Des corrections peuvent être apportées. Les vétérinaires peuvent affiner le diagnostic et surveiller le cheval à distance, via les données centralisées par la plateforme EAP. L’entraîneur est à même de détecter des anomalies et de consulter le vétérinaire si besoin.

Si je diagnostique une affection cardiaque chez un cheval de compétition, il m’importe pour la gestion de sa carrière et la sécurité de son cavalier de suivre comment il évolue avec son affection. Aujourd’hui, en fonction du problème cardiaque diagnostiqué, nous pouvons décider de revoir un cheval endéans les 6 mois. Mais si j’ai un capteur que je peux mettre sur ce cheval à l’entraînement pendant ces 6 mois, je peux évaluer en toute objectivité si sa condition physique évolue bien ou si au contraire un traitement ou un entrainement différent doit être mis en place. Cela nous permet d’être vraiment plus précis et réactifs dans nos interventions.

Emmanuelle van Erck

Vétérinaire spécialisée en médecine interne sportive, ESMP

8. Accompagner le retour au travail après une blessure  

Aucun cheval n’est à l’abri du risque de blessure. Lorsque qu’un cheval de course se blesse, sa carrière est mise en pause le temps de sa convalescence. Afin de gérer au mieux son retour au travail et de l’amener au maximum de ses capacités le plus rapidement possible sans prendre de risque, un outil tel qu’EAP est un avantage. En effet, le logiciel d’analyse centralise les données d’un même cheval avant et après sa blessure. L’historique des données alliés aux conseils du vétérinaire aident l’entraîneur à doser progressivement l’augmentation de la charge de travail, sans brûler d’étapes. On surveille enfin l’apparition d’une douleur (rythme cardiaque élevée lors de l’échauffement par exemple) ou d’une boiterie invisible à l’œil nu (grâce au monitoring de l’indice de symétrie et de régularité).