Lors d’une course, le plus important est de passer la ligne d’arrivée en premier. À l’hippodrome, cette ligne d’arrivée est matérialisée : le cheval et le jockey l’ont en ligne de mire sur les derniers mètres. À la vue de cette ligne, les chevaux de courses ont tendance à accélérer. C’est au cours de la finish line que le jockey demande à son cheval une intensité d’effort plus élevée. Il est donc nécessaire de sensibiliser les chevaux, en particulier les plus jeunes à accélérer lors de cette ligne droite. Découvrez les 7 bonnes raisons de travailler vos chevaux de course avec une finish line.

#1 Répéter le geste du sprint final

Les chevaux de course s’excitent sur le chemin des pistes d’entraînement ou de retour aux écuries. Cette excitation et gain d’énergie vient d’une habitude ancrée chez le cheval. Il est possible de créer la même excitation sur la dernière ligne droite d’une piste ou d’un hippodrome. Le travail régulier avec une finish line à l’entraînement permet de développer cette habitude. Ainsi, les chevaux savent détecter quand l’accélération finale arrive et quand déployer un effort à très haute intensité.

Pour les chevaux ne travaillant que sur des ronds, la finish line est aussi un bon moyen de reproduire les conditions de course, tant pour le jockey et l’entraîneur que pour le cheval. Elle permet de matérialiser une arrivée et donc de simuler un sprint final.

#2 Uniformiser les valeurs d’entraînement de vos chevaux de course et suivre l’évolution

Travailler avec une finish line identique permet de comparer les performances de plusieurs chevaux entre eux. La finish line offre une quantification objective de la performance des chevaux à l’entraînement sur les derniers 600 ou 200 mètres. À conditions strictement égales, un entraîneur peut donc comparer les résultats de ses différents chevaux.

Arion I
Arion II

Sur cet exemple tiré de la plateforme d’analyse EQUIMETRE, les données montrent une différence entre les performances de Arion I et Arion II, qui se sont entrainés lors du même lot. En moyenne, Arion II est allé plus vite qu’Arion I. De plus, Arion II a parcouru les 200 mètres les plus rapides en 11,02 secondes alors que le meilleur temps de Arion I était de 11,06 secondes. Ainsi, on peut penser que Arion II a des aptitudes de vitesse légèrement supérieures à celle d’Arion I.

De plus, un entraîneur peut aussi comparer les performances d’un cheval avec ses performances précédentes. Au cours d’une saison, voire de la carrière d’un cheval, la finish line offre une uniformité des données précieuse. La performance d’un cheval en début de saison sur une finish line peut donc devenir une valeur étalon pour monitorer son progrès au fil des entraînements. Cela peut également guider un entraîneur dans sa prise de décision lors des engagements pour les courses.

#3 Évaluer le fitness de vos chevaux de course

Une fois la finish line dépassée, la vitesse diminue fortement et rapidement. Théoriquement, un cheval en bon état de fitness verra son rythme cardiaque diminuer pareillement à sa vitesse. À l’inverse, si la courbe du rythme cardiaque (en BPM) ne change pas ou peu une fois que la vitesse a diminué, cela peut souligner un mauvais état de forme. Le cheval ne récupère pas assez rapidement de l’effort qu’il a fourni. La finish line est donc un outil permettant, lorsqu’il est couplé à la fréquence cardiaque, de quantifier et d’analyser la récupération d’un cheval suite à un effort intense.

Ce graphique montre qu’une fois la ligne d’arrivée franchie, la vitesse et les battements par minute (BPM) du cheval monitoré diminuent. Le rythme cardiaque du cheval chute de 222 BPM au moment de la ligne d’arrivée à environ 100 BPM après 500 mètres. Ensuite, alors que le cheval est au pas de récupération, à environ 5km/h, le BPM se stabilise également aux alentours de 100 BPM, valeur proche de celle au repos. Cela témoigne d’un bon état de forme et d’une récupération optimale. 

#4 Mesurer la tenue de l’effort en objectivant la tenue de vitesse

La finish line représente le point final du sprint lors de l’entraînement. Le cheval devrait donc théoriquement maintenir sa vitesse maximale jusqu’à ce point préalablement définit. La finish line permet donc d’analyser la tenue de l’effort en regardant à quel moment le cheval réduit son allure. S’il la réduit avant la ligne d’arrivée, alors la dernière accélération a été lancée trop tôt ou trop fort, car le cheval n’a pas maintenu l’intensité jusqu’au bout. Cela permet de simuler une situation de course, au cours de laquelle le cheval développe des points de repère sur la dernière ligne droite.

Ce graphique met en évidence un relâchement prématuré de l’effort. Le cheval déclenche à environ 700 mètres de l’arrivée une accélération nette. Entre les 400 et 200 derniers mètres, le cheval atteint sa vitesse maximale et semble la maintenir. En revanche, sur les 200 derniers mètres avant la finish line, la vitesse du cheval diminue drastiquement, mettant en lumière une accélération défaillante. 

#5 Objectiver le respect des consignes par les cavaliers

La finish line est un point d’arrivée après lequel les chevaux doivent ralentir. Ainsi, ils intègrent que cette ligne symbolise la fin de leur effort à haute intensité. Travailler avec une finish line permet de vérifier si les chevaux respectent les consignes du cavalier en ralentissant après cette ligne.

James Peters nous a confié qu’il travaille généralement “sur 800m et je les fais accélérer pendant les derniers 400m. Mais les données ont montré que les chevaux galopaient toujours fort après le poteau d’arrivée. Ils faisaient encore les 200m en 12s après la ligne où je pensais qu’ils avaient fini leur travail”. Ainsi, il s’est rendu compte que l’effort demandé à ses chevaux n’était pas celui demandé, et donc pas optimisé. En travaillant avec une finish line, il a détecté cette anomalie et a modifié sa méthode de travail de ce point de vue là.

#6 Préparer une course en comparant avec les données réelles de tracking

Avec une quantification objective des derniers 600 et 200 mètres, la finish line permet d’évaluer la préparation d’un cheval pour une course donnée. Cela peut permettre à l’entraîneur de mieux appréhender la course en fonction des capacités de son cheval. Encore une fois, les données de tracking offrent une quantification précieuse aux entraîneurs lors des engagements.

Sur l’hippodrome de St Cloud, dans les courses à conditions de 2000m, sur un terrain collant à très lourd (selon la météo), les courses se courent avec en moyenne des intervalles de 200m courus en 14,2s. Ce calcul a été réalisé grâce à un échantillon de 20 courses répondant à toutes ces conditions, d’après des données trouvées sur PMU.com.

Au vue des performances ci-dessous, Arion est théoriquement prêt pour remporter une course à St Cloud. En effet, si l’on prend en compte ses 8 derniers 200m, ils ont été parcourus moyenne à 13,8 secondes par 200m. Cette moyenne est inférieure à celle enregistrée en course à St Cloud. Si sur le papier le cheval semble être en mesure de figurer parmi les prétendants à la victoire à St Cloud, il est important de rappeler que chaque course est unique et les performances des chevaux de course peuvent être imprévisibles.

#7 Comparer les finishs sur différentes pistes

Utilisable sur toutes les pistes, la finish line peut permettre de souligner des différences de performance en fonction du terrain. Un cheval a tendance à aller plus vite sur une piste en herbe que sur une piste en sable. Cependant, certains chevaux sont plus affectés que d’autres par ce changement de piste. De la même manière, certains 600 ou 200 derniers mètres contiennent des virages et d’autres non. En comparant les 600 mètres précédents des finish lines avec et sans virage, il est alors possible de quantifier la perte. Certains chevaux ralentissent plus que d’autres en virage, et sont donc désavantagés sur une course qui en contient plusieurs.

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